tropismes duo - version scènique - 2008




duo intérieur  :   32 minutes  -  2 danseuses  -  Tout public

 


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VOIR, RESSENTIR


Dans cette version pour le plateau, les danseurs sont isolés du contexte naturel extérieur d’origine dans lequel le premier trio a été créé. Il reste la trace visible des forces extérieures qui agissent sur leurs corps.


Durant 30 minutes le spectateur est totalement immergé dan l’activité continue des danseurs. Il perd très tôt la notion du temps et ses repères spatiaux habituels. Il s’installe une tension palpable lorsqu’il mesure la précarité et l’instabilité des supports sur lesquels ils évoluent. Le vide créé appelle le danseur à la chute, probable à chaque instant.


La continuité du mouvement est ponctuellement perturbée par des récupérations d’équilibre, sous forme de réflexes ou d’ébranlements des corps, qui le sortent par surprise de sa torpeur. Ou c’est parfois la radicalité de la chute qui rompt le fil de cet échange hypnotique. Bouger, se déplier, se déplacer, actes retrouvant leur sens fondamental. Le mouvement est si physique qu’il réclame des pauses obligatoires pour «recharger» le corps. Il subit des interruptions nécessaires à la récupération, toute tentative d’exploit physique révélant nos faiblesses.


Trop d’intention fragilise nos présences et les annihile. Céder, se toucher sans intention. Comment donner à voir notre absence d’intentionnalité? Paradoxe de cet acte performatif. Nos présences déplacent notre relation au spectateur; lui donner le temps de nous rejoindre, laisser ses propres images apparaître, lui permettre aussi de s’absenter, ne pas vouloir le retenir. Notre travail produit des images. Accepter ces images mais les remettre en mouvement dès qu’il nous est possible de sentir leur installation; sinon le travail se sclérose et nous sommes pris malgré nous dans des significations fermées.














ORIGINES ET INSPIRATION


Delphine Gaud et Christophe Gonnet se rencontrent sur différents projets de La Trisande, depuis une dizaine d’années.


Cette pièce pour le plateau se situe dans la continuité du travail  commencé depuis 2005 dans un contexte paysager, autrement dit, à l’extérieur. Christophe m’a soumis les premières réalisations d’une installation, à expérimenter, imaginant un corps qui puisse s’approprier son œuvre et ouvrir d’autres directions. Cette structure appelée « lits de crête »  est  basée sur un principe d’horizontalité et d’appuis, position de repos du corps, de lâcher prise. Elle met en présence le contexte du paysage. Le corps repose sur 7 points d’appuis et se trouve au-dessus du sol comme en lévitation. Ces premières expériences m’ont donné envie de prolonger l’exploration. Nous avons fait évoluer un projet à plusieurs entrées, dans différents contextes : naturels ou urbains.




















Tropisme : biol. réaction d’orientation ou de locomotion orientée, causée par des agents physiques ou chimiques comme la chaleur, la lumière, la pesanteur…


« La faune bouge, tandis que la flore se déplie à l’œil. Le temps des végétaux se résout à leur espace, à l’espace qu’ils occupent peu à peu, remplissant un canevas sans doute à jamais déterminé » 

Francis Ponge, Faune et flore, Le parti pris des choses, Poésie / Gallimard


«Horizontaux, sans gravité, sur place, sur eux-mêmes… les mouvements n’ont plus de destination, plus de nécessaires justifications »

Christophe Gonnet, notes d’atelier 2007


«Ici, pas de narration, plus de chronologie. Ces corps nous invitent à ressentir l’épaisseur du présent. Ici, le temps est comme suspendu et l’espace se limite à nos propres étirements. Nous apprivoisons petit à petit ce territoire soulevé de terre…»

«Le langage de ces êtres  les apparente alternativement au monde animal, végétal et parfois peut-on reconnaître dans leurs postures, des airs d’humanité.»

«La dualité homme – nature fait partie de l’évolution de l’espèce humaine. Cette dualité s’est encore accentuée du fait de notre posture debout, verticalité où le cerveau humain fait aujourd’hui office de “vaisseau céleste” et omnipotent, dans un environnement où toutes ses constructions le reflètent, jusqu’à fragiliser les racines qui le relient à la terre et à son origine.» 

Delphine Gaud, notes









Danse et écriture: Delphine Gaud, Blandine Pinon

Complicité artistique, lumières et régie:  Franck Besson

Initiative et collaboration artistique: Christophe Gonnet

Musique: Raphaël Vuillard


Duo créé en décembre 2008 au festival Les momentanées, à l’Usine (Saint-Etienne)

Production La Trisande

Avec le soutien du Conseil Général de la Loire